HISTOIRE DU DUCHÉ, &c. Liv. XXVII. Ssct. I. ( f77 >
croient que les Sueves sont descendus des anciens Scythes, nation qui" w-nan rapport de ]a plupart des historiens, a été la pins nombre’use & la plus Silésie^paissante qui ait jamais existé en Europe (r ). F jusques à
L’étymologie du mot Sueve n’a pas moins exercé les Savans. Les uns IÎS °-
îe dérivent du mot Allemand Schweben , qui signifie f aire de s courses , des ..
irruptions ,• ou mener une vie vagabonde ; d’autres font d’opinion qu’il vientd’un autre mot Allemand, Schweìf , qui veut dire Chevelure , & qu on doiten douter d autant moins que tous les historiens conviennent que c’éto'tla coutume de ce peuple d’avoir grand foin de fes cheveux & de lesporter fort longs. La dénomination Latine, fous laquelle les Romains ledésignoient, est Suivus , Suíbus ou Suevus. Quoiqu’il en soit de cette étymo-logie, il est certain, d âpres les monumens les plus authentiques, que lesSueves formoient un Peuple nombreux, puissant & guerrier. César ditdans fes Commentaires (2) qu’ilsoocupoient cent Cantons & qu’ils a voientcoutume d’enfaire sortir tous les ans cent mille hommes, bien armés &■destinés à envahir les pays ennemis du voisinage. Quand ils avoient dusuccès, ils s’en approprioient une contrée plus ou moins étendue y éta-blissoient des Colonies, la faifoient cultiver soigneusement & prenaient lesmesures les plus efficaces pour fa défense. On remarque que durant unassez long espace de teins, ils firent par préférence des irruptions fur lesProvinces qui étoient fous la domination Romaine: lorsque la fortune ne.fe déclaroit pas pour eux, ils quìttoient brusquement la partie, rebrouf-foient chemin & rentroient dans leur pays. A leur retour un pareil nom-bre de Sueves fe préparoit à faire la campagne suivante, chaque Canton-étant obligé de fournir mille hommés. Ceux qui restoient dans leursfoyers avoient pour principale occupation la culture de la terre, en forte-que ce peuple était accoutumé, daller à la guerre tour à tour & de mener -la charrue..
Ce que dit Tacite.(3) du foin que ce peuple prit de fes cheveux, faitcroire que les Sueves donnaient aussi le ton à leurs voisins par rapport auvêtement, comme de nos jours on veut bien le recevoir des François.
11s étoient alors en possession d’un pays fort étendu, peut être même dela plus grande partie de la Germanie & fi, fur la foi des anciens Histo-riens, Ion -en veut fixer les confins, fou trouve qu’ils habitaient les con-trées qu on nomme aujourd’hui la Silésie, le Duché de Magdebourg, unepartie de celui de Mecklenbourg, de la Principauté d’Anhalt, du CercleElectoral de Saxe, la-Marche de Brandebourg & le Marquisat de Lusace,pays, tous situes fur la droite de 1 Elbe. La nation étoit composée de di-vers peuples, à peu près de la même maniéré que lest aujourd’hui la na-tion Allemande; le nom général fous lequel on la désignoit étoit, com-me on l’a dit, celui de Sueves; mais chacun des peuples entre lesquelselle étoit divisée, avait une dénomination particulière qui le distinguaitdes autres. Le nombre en étoit considérable & quelques écrivains le fontmonter à cinquante quatre. Cependant Tacite (4) qui, de tous les Au-teurs anciens, connaissait le mieux la Germanie, ne fait mention que de
(f) Voyez notre Histoire Tdm. XIII. psg. 609 çstsuìv. (2) De Bello Gall. si) />,r&us Germanorum. U) Ibidem.
Lfsl