Sect. 1.Wjt. dePologne,jusqu'â951 -
(r88) HISTOIRE DU ROYAUME
re le nom des successeurs de Leck I; il n’est pas même certain qu’il enait eu. il' paroìt que vers la fin du septième iìecle les Polonois a voientadopté une nouvelle forme de gouvernement : dégoûtés, d’obéir à unseul homme, fatigués d’un (l) joug qui,quelque léger qu’il fût, hlessoit-fa fierté, la nation confia les rênes de l’Etat à douze Palatins ou Woie*Les Polo- wodes (2). On crut que l’autorité suprême ainsi partagée , en seroitrme* 'do 1 ze m0 ' ns à craindre; mais la liberté fut bientôt opprimée par ceux mêmePalatins ^ <l uon avoit établis pour la protéger : au lieu d’un Duc la Pologne eutpour les douze tyrans; chaque Palatin fit d’aurant plus cruellement sentir lsgouverner, poids de son autorité dans le district qui lui étoit soumis, que les limi-tes en étoient plus resserrés. Le peuple regretta fa premiere situation& ne se borna point á des regrets inutiles, il leva l’étendard de la ré-volte , & força les Palatins à abdiquer le rang dont ils abusoient stindignement. C’étoit peu de s’être délivrés des tyrans de la patrie, ilfalloit trouver un Chef capable d’en imposer aux factieux , & de réta-blir le calme dans l’Etat: les Polonois jetteront les yeux fur un des Pa-Ciacus est latins déposés (3). II íe nommoit Cracus (4) ; il habitoit près des sour-fnît Duc de ces de la Vistule, & son empire s’étendoit jusqu'aux extrémités de laSarmatie : il n’avoit point trempé dans le système d’oppreíiion, adoptél (òngouver~ P ar s £s collègues. Tandis que ceux ci se faisoient abhorrer par leurs bri-hement. gandages & la dureté de leur empire, Cracus s’étoit concilié par fadouceur & fa modération l’estime publique: il ne démentit, point furle trône la haute opinion que les Polonois avoient conçue de lui. 11 con-traignit les grands à respecter son autorité, repoussa, les étrangers quiprofitant des derniers troubles s’étoient introduits dans le Royaume,établit des tribunaux pour rendre la justice au peuple, & bâtit la villeda Cracovie. La réputation de ses vertus, à en croire lès écrivains Po-lonois, pénétra jusqu’en Bohême &. (5) les peuples de cette contréemirent leur. sceptre à ses pieds; ce qui est certain c’est qu’égalemenc
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Mort' rie'Cracus ,
suc chéri des deux Nations il
ll. lui suc cneri aes aeux aviations 11 mourut & fut enterré fur les bords de lace k,. Vistule; & les Polonois, suivant l’.usage de tous les peuples voisins
ko qui en triompha, parvint do rang de simple orfèvre au trône de Pologne (*). LesZfko III, suivant le récit de l’fívêque de Cracovie ff), soumit à son Empire les Gêtes&les Parthes, défit dans trois batailles différentes Jules César, qui fut trop heureuxd’acheter li paix par le mariage de sa sœur avec le Prince Polonois ; enfin ce mêmeI.eszko tailla, en pieces l’armée de Cralfus, fit prisonnier le Général Romain, & luifaisant avaler de l’or fondu, il lui adressa ces mots: ,, rassasie toi de cet or, dont tu„ as eu une lî grande soif”. Ce peu de traits doivent suffire pour donner û nos lec» ■teurs une idée de là maniéré dont les anciennes chroniques de Pologne sont écrites.
fl) Martin. Cromer. de reb. gefi. Polon. Lib. II.
(r) II paroìt que les Woiewodes étoient principalement destinés à commander les ar*filées. Woina en Esclavon- signifie- Guerre , & lVodz Conducteur,--
(z) Joannis Dktghjf. feu Longini , Canon. Cracov. hiJì. Pol. Lib. I.
(4) Diugoss prétend que Cracus étoit originaire de Rome, qu’íl étoit de la famiHedes- Gracchus. & qu'il vint chercher un asyle sur les bords de Ja Vistule après-la mort :de.Tibérius Gracchus, & de Caïus son frere. Voyez au reste dans le présent Volume,,notre Histoire de Bohême, pag. 92 & suiv,
(5) Dlugofs. Lib. Chrijìeph. Harthmh de Rep. Fol. Lib. 1 . Cap. II.
(0 MNâ Efiiji.'x, Bógupbal II, fpfcrp. Posi/an. Cfon. Pol. A) KáMK XPK.