(i p2 ) HISTOIRE DU ROYAUME
S:*ct. I. replongea dans l’anarchie. Chacun des Palatins afpiroit hautement auHiji. de trône; peut.- être leur ambition eut été cause des troubles les plus fu-Pologne, pestes, si le peuple n’eut déclaré qu’il remettoit à la fortune le foin dejufqtdà j u j montrer ce j u i q U i devoit le gouverner. On indiqua une course de
__- 1 —. chevaux, où le trône dev*oit être le prix du vainqueur (i). La lice fut
Les Polo préparée dans une vaste plaine fur les bords du Pradnik, Leszek un
r ' mS 'm «’e des candidats employa pour s’assurer la victoire un artifice odieux (2) ;Leszko, dé-
la mort ae^ p fcma l’arene dê fers pointus qu’il cacha fous le fable , en fe ménageant
clartnt une route où il pourroit courir fans crainte, & qu’il étoit sûr que sesqu’ils don- concurrens ne choisiroient pas, parce qu’elîe étoit la plus longue: il’TY poussa même !a prévoyance jufqu’à ferrer son cheval contre la coutumehdqui par- de ce temps là, & fe servit de fers entiers & épais; mais son stratage-■oieudra le me fut découvert par deux jeunes gens d'une basse extraction, qui enpremier attendant que le peuple s’assemblât, s’exerçoient à pied dans la carrie-but dans une surpris de rencontrer à chaque pas des morceaux de fer, ils exami-
,chevaux. Berent avec foin quelle en pouvoit etre la came oc reconnurent la per-fidie de Leszek: l’un d’eux étoit trop timide pour oser révéler le mystè-re, & son compagnon résolut d’en profiter. Cependant le peuple s'as-semble , les candidats paroissent montés fur de superbes coursiers, lesignal fe donne, & tous les prétendans s’élancent dans la carrière. Oneít étonné de voir un jeune homme à pied fe mêler parmi les cavaliers,& paroître vouloir disputer le prix ; fa témérité excite dans l’assembléede grands éclats de rire. Leszek devance tous ses rivaux; le jeunehomme le fuit de près & fixe fur lui tous les yeux. Leszek indigné re-double d’ardeur, & touche au but; mais dans le même temps le jeunehomme arrive, & dévoile fa perfidie; les Polonois furieux fe jettentfur le coupable, le mettent en pieces, & par un caprice qui peint bienla grossièreté de ces temps là, ils proclament à grands cris le jeunehomme, qui en effet étoit arrivé le second au but.
Ce Prince prit le nom de Leszko II, & fe montra digne, par ses80/. vertus, d’un rang qu’il ne devoir qu’au hazard : au faîte des honneurs' Leszko II. il n’oublia point quelle avoir été la bassesse de son premier état; il con-efl procla- serva toujours les simples vêtemens qu’il portoit avant d’être mon-mi,sagesse à le trône, afin que cette vue lui rappellât fans cesse qu’il devoiríéámSTêtre le pere de ce peuple dont il avoir autrefois partagé la mifere &l’obfcurité (3). Doux & affable envers ceux qui venoient implorer fajustice, il écoutoit leurs plaintes avec bonté, soulageoit leurs besoins,& ne fe montroit fier & inexorable qu’envers les nobles qui abusoient
de
(1) Cette résolution paroîtra moins bizarre > si l’on fait réflexion que, chez Ics Po-lonois , le premier mérite étoit de fcavoir bien manier un cheval ; les Sarmates leurs ayeuxfurent les premiers qui osèrent accoutumer au frein cet animal fier & docile; ce futd’eux que les autres peuples apprirent l’art de l’équitation; il n’est donc pas étonnantque les Polonois dans cette conjoncture ayent eu recours à un expédient qui nous pa»roit fi éloigné de nos mœurs.
(2) Sogvphal. II- Epifc, Posnan Cron Polon. in script, rer. Siles. T. II. Cromer. deLtb. gefl.' Polon. Lib. II- (z) Kadludlk. fíist. Polon. Lib. 1 . Epifi. IV. S ternis-,garnie, ^t nm l. Polon. Lib. V. Cap. I. Keugtbaver. Ust. Polon. Lib. IL