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Monuments de l'ancien évêché de Bâle : ville et château de Porrentruy / par A. Quiquerez
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A cette occasion on le vit arriver à Vienne à la tête d’un corps de cavaleriedont les chevaux étaient bardés de fer. La veille de la St-Iîarthélemy, aumoment de livrer la bataille , le prélat parut monté sur lin cheval capara-çonné, la lance au poing et le corps couvert d’un harnais de guerre magni-fique, prêt à prendre part au combat. L’empereur trouva que le franciscain-évêque en faisait trop pour sa robe, et l’envoya à l’arrière-garde où l’arméese confessait et restituait le bien volé. Cependant il lui sut gré de tant debonne volonté, et pour l’en récompenser il lui fit don de trois mille marcsd’argent à prélever sur les juifs établis dans les diocèses de Bâle et deStrasbourg , les livrant à l’évêque jusqu’à paiement de la somme (1).

Ces relations intimes entre le roi Rodolphe et l’évêque de Bâle eurentune influence prépondérante sur le sort de Porrentruy; Henri d’Isny nepouvant lutter seul contre Renaud de Bourgogne, invoqua le secours deson puissant protecteur. Le 1 er mars 12815 Rodolphe de Habsbourg partitde Bâle à la tète d’une brillante armée. L’évcque Henri d’Isny, Conrad deLichtenberg, évêque de Strasbourg , le bourgrave Frédéric, les comtes deFerrette, de Thierstein , de Frobourgetungrand nombre de gentilshommesvassaux de ces hauts barons, avaient réuni leurs contingents et compo-saient l’armée impériale (2). Remontant alors la vallée de la Byrse jusqu’àLaufon , le roi prit le chemin qui longe le ruisseau de la Lucelle , arriva àl’abbaye de ce nom, la prit sous sa protection et lui en donna un acte datéde son camp de Charmoille (3). De cette première étape il alla se posterprès de Porrentruy et en commença le siège le 2 mars.

Les annales de Colmar disent qu’il assiégea Brunnentrut; un autre auteur :castrum Brunneridrut et la chronique d’Albert de Strasbourg : castrum etoppidum Bruntruti. Nous croyons en effet que la ville et le château furentassiégés et non pas le château tout seul. On verra à l’article des fortifica-tions et tantôt dans un acte qu’à cette époque Porrentruy était une ville,oppidum, civitas, comprenant déjà trois quartiers distincts du château. SiPorrentruy avait été alors un bourg ouvert, le siège du château seul n’au-rait pas exigé plusieurs semaines. En effet il dura jusqu’au vendredi saint,16 avril, jour que la place se rendit, apres avoir été vigoureusement défenduepar Renaud de Bourgogne en personne. Quatre jours après la reddition decette place l’empereur était encore dans son camp, devant ses murs, apudBurnendrut, d’où il data plusieurs actes, comme il l’avait déjà fait pendantla durée de ce siège de 45 jours.

(1) Annales des dominicains de Colmar, 287, 289. — Trouillat, II, 312.

(2) Boyve et d’autres auteurs commettent une erreur au sujet du comte Théobald de Ferrette.Ils l’accusent d’avoir repris à l’évéque ses droils sur Porrentruy , après les lui avoir vendus. Ilsvont jusqu’à dire que pour ce motif l’empereur lit décapiter ce comte, tandis que les actes authen-tiques le mettent dans l’armée impériale au siège de Porrentruy et le font gratifier d’une bonnesomme pour les services qu’il rendit à cette occasion.

(3) Trouillat, à la date. — Buchinger, Epitome fastorum Lucel.