Il8 INTRODUCTION.
hiers des trois ordres, le Roi déclare nuis les ar-rêts du tiers et ordonne la séparation de l’assem-blée. Ces concessions, qui à la dernière réuniondes notables eussent comblé tous les vœux, pa-raissent alors intempestives et insuffisantes. Nec-ker n’assistant pas à cette séance, les députéss’indignent en songeant que cette démarche vio-lente était improuvée par le ministre même, etn’était que le résultat de l’intrigue des nobles quientouraient Louis.
L’indignation est portée au comble quand legrand-maître des cérémonies vient signifier au?çdéputés l’brdre de se retirer. Mirabeau se levant,lui répond avec énergie : <■( Yous n’avez aucune» mission qui vous autorise à nôus donner des» ordres; nous saurons remplir celle que nous» avons reçue du peuple, et ne sortirons d’ici» que par la puissance des baïonnettes. » Sieyes et Camus appuyant leur collègue, les députésrestent en permanence.
La cour éperdue, passa subitement d’un ex-trême à l’autre, et ne se sentit pas les forces né-cessaires pour frapper un coup d’éclat. Le seulmoyen qui se fût peut-être présenté pour sauverla France , eût été de sonder, d’un coup-d’œilvaste, toute la profondeur de l’abîme, de rédi-ger une Charte en peu d’articles où les principesde la recomposition du gouvernement eussentété ébauchés, et de dissoudre sur-le-champ les