LIVRE I er , CHAP. II. l35
idées de bonheur que le sénat dé Washington faisait naître, aux souvenirs de grandeur que lesénat romain avait transmis, et bien des hom-mes de bonne foi crurent un instant, que la na-tion qui posséderait des institutions calquées surce modèle, ferait le bonheur du genre humainen renouvelant les beaux jours de Rome et d’A-thènes ; ils ne songeaient pas que le monde abien changé de face, non-seulement par la diffé-rence de moeurs, mais encore par celle qui existedans les rapports des Etats entre eux.
Ces belles illusions, et ces doctrines aussi sé-duisantes en apparence que peu solides en réa-lité , eurent une influence marquée sur tous lestravaux de l’assemblée.
Les premiers pas faits, les réformateurs sen-tirent bien qu’ils ne pouvaient plus reculer ; cars’ils n’enchaînaient l’autorité par de nouvellesiustitutions, ils resteraient en butte à leurs en-nemis comme à la vengeance de la cour et desgrands. Une fausse démarche en entraîne toujoursune autre, surtout en révolution ; plus on sappaitl’autorité du prince, plus la réconciliation avecla noblesse, le ministère et la famille royale,devenait illusoire, plus l’anarchie devait aug-menter.
Tous les travaux du comité chargé de préparerles décrets constitutionnels, se ressentirent decet esprit; si plusieurs de ces actes portent un
Comité deconstitu-tion.