LIVRE I er , CHAP. IV. 215
tion de Comwallis, firent pressentir que les gre-nadiers de Louis XVI , éclipseraient un jour lessoldats de Condé. Si l’impulsion donnée par cetteguerre à des dogmes exagérés eut de funestessuites pour la monarchie, on ne peut dissimulerles services immenses qu’elle rendit en retrem-pant l’esprit militaire.
Tandis que ces poignées de braves s’illustraientsur les rives de la Delaware et sur les rochers desAntilles , les disputes de théories continuaient enFrance . L’état-major, le gouvernement et lesfaiseurs se partageaient entre les différens sys-tèmes; mais pendant que les chefs s’égaraientdans les plus fausses routes, les troupes rassem-blées, perfectionnaient leur instruction et leurdiscipline, et Guibert esquissait un bon systèmede marches et d’ordres de bataille.
Cet auteur estimable, en s’élevant sans cessecontre les abus et les défauts de l’instruction,força également de faire des recherches qui pro-duisirent l’ordonnance de 1791; ouvrage aussiadmirable par sa clarté, que par sa précision.Elle fut commencée à peu près avec la révolu-tion ; les gardes-françaises et suisses servirent àfaire l’essai des mouvemens projetés, à vérifierleur précision et leurs avantages; mais ce codeimportant ne fut publié qu’au moment de la dé-claration de guerre. Si l’armée n’en tira tout lefruit qu’on avait droit d’en attendre, il n’est