LIVRE 1 er , CHAP. IV. 229
en réglant leurs mouvemens d’après la positiondu moment, d’après les sinuosités de ce terrainet suivant les maximes consacrées par l’art etl’expérience. Dans ces nobles jeux de Mars, l’é-tranger étonné voyait des corps énormes decavalerie rompre en colonnes à un signal donné ,changer de direction, dérober leurs mouve-mens à l’ennemi, paraître subitement sur uneextrémité de sa ligne, et s’y former avec lal’apidité de l’éclair, sans déploiement, parune simple conversion des divisions (i) : c’étaitlà que, par un mouvement opposé on voyait lamême cavalerie rompre en colonnes , exécuterpar lignes un changement de front perpendicu-laire en arrière, et se reformer, à droite ou àgauche en bataille sans déploiement, comme àla bataille de Rosbach.
Ces manœuvres étaient ainsi plutôt destinéesà l’instruction des officiers généraux qu’à celledes troupes; elles leur apprenaient à calculer lesdistances et les intervalles de temps, souventsi décisifs à la guerre : on y essayait tous lessystèmes d’attaque et de défense les plus avanta-geux aux différentes armes, et la combinaisondes grands mouvemens par lesquels on parvient
( 1 ) On peut voir 1’expKeation de cette manœuvre dans le Traitédes Grandes Opérations Militaires, tome I* r , chapitre Y.