LIVRE 1 er , CHAP. IV. 243
différent en cela de la noblesse russe , dont lespremières familles briguent l’honneur de com-mencer leur apprentissage dans les derniers em-plois de J’élat militaire ; les grands d’Espagne voulaient, comme ceux de France , débuter pardes régimens, et ne pas partager avec des plé-béiens les chances du commandement et desgrades supérieurs. Aussi fut-il un temps où l’onn’aurait pas compté quatre grands d'Espagne dans les armées de terre ou de mer. Ils se sontun peu guéris depuis de ces préjugés, voyantsortir des rangs de l’armée républicaine deshommes qui avaient cette élévation d’ame et desentimens, source inépuisable des grandes ac-tions.
Le peuple avait le même dégoût pour le ser-vice; attaché à ses foyers, redoutant le dépla-cement , il n’a ni cette légèreté, ni cette mobi-lité qui détermine les autres nations à s’enrôler:il est sobre, ne 6e livre jamais à l’ivrognerie, etrarement au libertinage; il marche cependantquand il le faut, et sa valeur ne se dément pointdans les occasions. La répugnance des Espagnols est encore plus forte pour l’infanterie que pourla cavalerie : aussi ne put-on jamais compléterun régiment national ; il n’y avait que les étran-gers , dont l’effectif approchât de la force déter-minée par l’ordonnance.
L’armée sarde était une des mieux instituées : Troupes îta*
iiennes.
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