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Tome premier. Introduction.
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3o4 PIÈCES JUSTIFICATIVES.

ne feront pas la guerre, ou que la guerre qu’elles fe-

raient dans cet état n’aurait rien de dangereux.

Que craindre du roi de Suède , qui se constitue ban»queroutier en suspendant le paiement des dépenses dela guerre P En arrêtant les états-généraux, il annoncedes inquiétudes qui devraient nous rassurer. Il redoutel’explosion des sentimens d’un peuple ami de la liberté,etquidoit être celui des Français . Il n’est pas impossiblecependant que cherchant à marcher sur les traces deGustave, son humeur chevaleresque le porte sérieu-e»ment à la défense de cette noblesse , mise par d’immor-tels décrets, au ban de l’empire de la philosophie etde la raison. S’il trouve à satisfaire les deux passions desrois, la gloire et l’argent, caries rois ne font jamais riengratuitement pour autrui, il sera capable de tout tenter.N’a-t-il pas trahi, n’a-t-il pas trompé le peuple? n’a-t-ilpas vendu aux Turcs, dans la guerre de Russie , latranquillité, le bonheur du peuple? Son alliance avecla Russie , étonne; l'intérêt de l’Impératrice dans cettealliance n’est pas douteux ; le danger auquel le roi deSuède s’expose , est certain : qu’importe ; l’imprudencen’a pas de règles, et ce ne sont pas les démarches del’étourderie qu’il faut juger d’après les calculs sévèresde la raison.

Toute ligue a besoin d’un chef; mais à qui ce dan-gereux pouvoir sera-t-il déféré, ? pourra-t-il prendreenfin une résolution, ce conseil dont les délibérationsseront sans cesse troublées par des défiances qui ne sedissiperont jamais ? nous devrions être rassurés contreces ligues composées d’intérêts discordans, quand mentele bon sens ne démontrerait pas toute l’illusion des