332 PIÈCES JUSTIFICATIVES,
fois pour le Boi. Il faut considérer que nous sortons àfpeine d’une des plus grandes révolutions qui se soientjamais opérées ; que cette révolution, dans ce qui lacaractérise essentiellement , s’étant d’abord faite avecune extrême rapidité , s’est ensuite prolongée par lesdivisions qui sont nées dans les différens partis, et parla lutte qui s’est établie entre les passions et les intérêtsdivers. Il était impossible que tant d’oppositions et tantd’effets, tant d’innovations et tant de secousses , ne lais-sassent pas après elles de longues agitations, et l’on abien dû s’attendre que le retour de l’ordre ne pouvaitêtre que le fruit du temps.
Quelle est au surplus la cause de cette fermentationintérieure dont la cour de Vienne paraît si blessée?c’est la consistance qu’ont pris les émigrés, ce sont leur*préparatifs,'leurs projets , leurs menaces ; c’est l’appuiplus ou moins considérable qu’ils ont trouvé dans laplupart des cours de l’Europe. Il a été une époque sansdoute, ou leur cause qui paraissait liée à celle du Roi,a pu exciter l’intérêt des souverains, et plus particu-lièrement celui dè l’Empereur; mais une fois que leRoi, par l’acceptation de la constitution , s’est mis à latête du nouveau gouvernement, les émigrés n’ont plusdû intéresser que parleurs malheurs, et il a été facilede juger que leurs prétentions et leurs monvemens ,en donnant des espérances anx uns et des inquiétudesayx autres, entretiendraient le trouble dans le royaume,et finiraient peut-être par le répandre dans une grandepartie de l’Europe . Voilà pourquoi l’office du 21 dé-cembre, qui semblait annoncer l’intention de les pro-téger, a produit une sorte d’explosion, et a donné lieu