LIVRE II , CHAP. VII. g3
Enfin le îg, après avoir mis vingt jours àfaire quarante lieues, l’armée prussienne franchitla frontière de France , et campa à Tiercelet, oùelle se réunit à Clairfay t, qui campait à Roman ! avec 18 mille hommes amenés de Flandre . Les! Hessois se portèrent à Niederdouven ; l’armée des
! princes, à Bredimus. L’avant-garde marchantI jusqu’à Crune, donna sur les postes du général' Després-Crassier, qui campait à Fontoi avec un| corps de 4 mille hommes, et se replia à l’appro-^ che de l’ennemi.
Pour suivre avec plus d’intérêt la marche desi alliés, il faut porter un instant nos regards sur cequi se passait dans l’armée française.
! On se rappelle qu’à la suite de son inutile coursevers Courtrai , le maréchal Luckner était revenu; sur le Rhin , où il avait répété sous Landau, lesscènes qui avaient prouvé sa médiocrité. La-! fayette, tout occupé de ce qui se passait à Paris ,
| et résolu trop tard de sauver la monarchie, ne[ négligeait aucun moyen pour gagner ses sol-dats ; mais le ministère et les Jacobins, quiavaient l’œil sur [lui depuis ses sorties des i 6 et23 juin, le contrariaient dans toutes ses mesures,et cherchaient tout à la fois à restreindre soncommandement, et à détruire son influence dans| l’armée ; on alla même jusqu’à retenir les troupesen marche de l’intérieur pour le renforcer. Ilavait à peine 24 mille hommes disponibles, sous-
L’arméeprussienneentre enFranee.