LIVRE V, CHAP. XXII. 117
naît le commandement : il voulait un plan d’opé-rations , autant sans doute pour fixer son opinionsur le mérite du nouveau général, que pourconcilier ses vues avec celles du gouvernement;mais, Jourdan arrivé de la veille , ignorant l’étatdu matériel et la composition de son armée , in-timidé par son inexpérience, demanda du temps,et Carnot partit pour Paris sans avoir rien ter-miné. 11 est probable que les attaques dirigéescontre le comité dans la séance du 24 septembre,et dont les actes de sa mission étaient le principalobjet, entrèrent pour beaucoup dans cette ré-solution subite ; et il se contenta d’exiger qu’onlui envoyât incessamment ce projet dans la ca-pitale.
Le général en chef ne le laissa pas languir ;dès le 29, il adressa au comité le résumé deses vues. 11 eut préféré qu’on le laissât respirerquelques semaines pour se reconnaître un peuet organiser son matériel et ses troupes; maisles dictateurs voulaient l’évacuation de la France sans délai , et n’étaient pas gens à écouter desreprésentations. Jourdan , pour se conformer àune volonté si impérieuse, proposa donc une opé-ration olleusive partant de Lille d'un côté , et deMaubeuge de l’autre, dans le but de refouler lesdeux ailes de l’ennemi, et de faire ainsi tombertoute la défense de son centre; projet qui servitde base au plan de la campagne suivante , et qui