28 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
toue et celles qui tenaient encore en Piémont.
L’impétueux maréchal ne pouvant déguiser ledépit que lui causait un ordre si fatal à sa gloire,s’écria : Voilà comment on perd les armées! (i)Mais plus docile que le prince Eugène, ou plu-tôt sentant tout ce que sa qualité de généralétranger exigeait de ménagemens, il obéit, portaaussitôt des renforts à Kray pour assiéger Man-toue, et lui envoya par le Pô un train d’artillerieconsidérable; en même temps, il prescrivit derassembler à Turin tout ce qui serait nécessairepour presser vigoureusement la. citadelle d’A-lexandrie. Dégoûté d’ailleurs parles autres motifsque nous avons signalés, Suwarof abandonnaau général Ott , à Klénau, le soin d'inquiéter laretraite de l’armée de Naples qui aurait dû êtreimpossible, puis il campa sur la Bormida pours'occuper de la tâche qui lui était imposée.
Situation Tel était l’état des choses à la lin de juillet, lors-
que les armées de i\aples et u Italie eurent opéré
leur jonction dans l’état de Gênes . Leur forcetotale s’élevait alors à 48 mille hommes, dontenviron 3 mille de cavalerie avec un matérield’artillerie considérable. Cette masse, combinéeavec l’rrmée des Alpes , semblait encore suffi-sante {>our reprendre l'offensive contre l’arméeauslro-russe, dispersée dans toute l'Italie .
(1) Ménoire de Cliasteler.