LIVRE XV, CH AP. XCVI. 365
pagnons d’armes, ce général prit le germe del’épidémie dont il vint mourir à Nice . Il lut sin-cèrement regretté de toute l’armée, qui, loinde rejeter sur lui une partie de ses malheurs, leregarda comme une victime du machiavélismedu directoire , qui n’avait brisé ses fers que pourternir une belle réputation qui lui portait om-brage, en le chargeant d’un commandementdifficile sans lui donner les moyens de triom-pher.
Sa mort devint comme le signal de la déser-tion générale. Il ne resta dans beaucoup de corpsque les officiers et les sous-officiers. Les soldatsrentraient tumultueusement en France . Ce futdans cette déplorable circonstance queSt.-Cyr,par un de ces traits d’éloquence qui ne man-quent jamais leur effet sur les coeurs généreux ,parvint à rallier une partie de ses troupes quiavaient abandonné leurs postes, et rentraient àGènes en désordre, déterminées à prendre lechemin de la Provence.
Cependant le nouveau gouvernement, instruitde cet état de choses, prit aussitôt des mesurespour faire cesser cette horrible situation. Quel-ques secours furent envoyés à l’ai-mée d’Italie , etMasséna , qui vint en prendre le commandement,sut par sa vigueur, sa popularité et quelque peud’argent qu’il apporta de Paris , arrêter le torrentde la désertion et subvenir aux besoins les plus