3gO HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,conséquences; car un coup d'état contre cetteassemblée devient inévitable, à moins qu’elle nese condamne volontairement au rôle abject dusénat, de Tibère , ou qu’elle ne s’empare au con-traire de l’autorité, comme fit jadis le factieuxsénat de Stockholm .
Cette vérité , démontrée par tant de cruellesexpériences, prouve qu’un gouvernement re-présentatif, entaché d’esprit d’anarchie, nesaurait être soumis à des réformes légales , sansmettre à chaque instant la liberté en péril, ousans ébranler l’Etat par des institutions qui en-gendreront elles-mêmes le vice qu’on cherche àextirper.
La garantie d’un corps spécialement consti-tué pour ces réformes, étant donc à peu prèsnulle, il ne reste alors que les coups d’étatfrappés à l’aide des baïonnettes : remède nonmoins terrible sans doute, mais dont l’effet n’apas toujours été funeste aux nations qui furentforcées d'y recourir. En effet, quoi qu’eu disentces spéculateurs politiques qui prétendent sou-mettre la marche des sociétés à des règles im-muables, ou citera la dissolution du parlementpar Cromwel, celle du sénat de Stockholm parGustave 111, et le 18 brumaire, comme despreuves que l’intervention de la force armée peutaussi être regardée, comme un moyeu de salutdans les grands périls qui menacent une nation.