Projetde Sieys surJe pouvoirexécutif.
414 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,représentait le jury national dont la Conventionn’avait pas voulu dans celle de l’an 111 ; un corpslégislatif , privé de la facidté de parler, et qu’onridiculisa en le nommant sourd et muet; enfinun tribunal , rameau superflu de ce corps légis-latif, qui devait discuter tous les projets de loicontradictoirement avec le conseil d’état; toutcela était de Sieyes .
Napoléon ne dérangea rien à ses principalesidées, et se mêla de peu de détails; mais il eutde grandes discussions sur la formation du pou-voir exécutif, qu’il considéraitavec raison commela base essentielle du gouvernement. Sieyes , en-traîné par la mauie d’enchaîner les détenteursde l’autorité, voulait les réduire à une nullité fu-neste; ce publiciste, séduit par les avantagesthéoriques d’une pondération parfaite, dont lesplus habiles ont reconnu l’application impossi-ble, avait cru la trouver dans l’existence d ungrand-électeur } qui habiterait le château de Ver-sailles , qui aurait 600 mille francs de traitement,une garde de 6 mille hommes, et représenteraitla nation envers les puissances étrangères. D’ail-leurs ce singulier magistrat ne devait se mêleren rien des affaires publiques, et toutes ses fonc-tions aussi bien que son pouvoir se seraientbornées à nommer deux consuls : l’un , chargéde l’intérieur, eût dirigé l’administration desdépailemens , les finances, la police, la jus-