PIÈCES JUSTIFICATIVES. /{3f
guerres; qu’il n’y a pas non plus d’inspecteur d’infan-terie, pour utiliser avec l’économie si nécessaire leseffets d’habillement et d’équipement qui existent àMayence, pour former les dépôts, tiercer les batail-lons, réformer les boiteux, les estropiés, etc., etc. Saprésence devient de jour en jour plus indispensable. Lacaisse de l’armée, qui paie une infinité de gens qui nela servent pas , est encore épuisée parcette foule énormed’officiers conducteurs de conscrits, qui depuis le gé-néral de division jusques et compris le sous-lieutenantet le commissaire des guerres , pris pour la plupartparmi le rebut des troupes, touchent la solde, ne fontrien que donner l’exemple de la crapule, de l’ivrogne-rie, de l’insolence, et tuent l’émulation dans le corps,en nuisant à l’avancement légitime. Enfin, citoyen gé-néral, si, par un mouvement spontané, l’ennemi effec-tuait un passage du Rhin, tel est l’état des choses, ledénûment des administrations et Ja faiblesse de l’ar-mée, que je mets en fait qu’elle ne pourrait ni défendrehonorablement les places, ni tenir la campagne. Onvous tromperait, si on vous disait le contraire; mais ilfaut de l’argent et des vivres, ou la faculté d’en pren-dre où il y en a; et, malgré sa faiblesse numérique,elle saura se montrer.
Je suis fâché de vous affliger par de tels détails, moncher général; mais je vous tromperais, si, pour vouséviter cette peine , je déguisais la vérité. Je trahirais àla fois la patrie, le ministre, et le général qui m’a or-donné de lui parler franchement; et j’en suis inca-pable.
Baragüey-d’Hillieks.
Au quartier-general de Turckheim.