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échec en fermant la marche que celui de perdre quel-ques malades, quelques blessés et quelques traîneurs.La perte totale a été peu considérable; mais l’armée eutotalité arriva à Coire dans le plus cruel état de fati-gue , de dénûment et d’épuisement où une arméepuisse être.
Si l’on réfléchit sur les difficultés inséparables duchemin qu’on avait préféré, sur l’incertitude des évé-nemens militaires desquels on faisait dépendre la réus-site du projet, sur l’impossibilité de se retirer en cas demalheur ou de forcer les passages qui menaient à Gla-ris, si les Français avaient le temps de les occuper enforces, on sera à même de juger le mérite réel de ceplan compliqué, qui a exposé si évidemment le salutde l’armée de Suwarof, pour le faible avantage (au casque tout allât comme on l’avait supposé) d’attaquerl’ennemi sur son flanc droit, au lieu de l’attaquer defront avec Hotze.
Pour mieux apprécier le projet qui a si mal réussi,il n’est pas inutile de remarquer que l’infanterie russe,brave au-delà de toute expression, et excellente pourcharger en plaine à la baïonnette, ne savait pas alorstirer un coup de fusil, et avait une inexpérience totalede la guerre de montagnes; il y avait une très-grandequantité de chevaux, de bagages, etc.; et, au con-traire, pas un pionnier.
Je ne parlerai pas pour le moment des avantages dutroisième plan, qui consistait à porter l’armée de Su-warof par le Grand-St.-Bernard dans le Valais . Il neserait pas difficile de démontrer qu’il était le meilleur;car Suwarof, aidé par le corps de Haddick, de 5 mille