LIVRE VIII, CHAT. XLV. II
île nouveaux ennemis à la France . La républiquedes Etats-Unis d’Amérique qui eut pu gêner l'ac-complissement de ses desseins , déjà liée par letraité de commerce du 19 novembre, le fut en-core mieux après l’échange des ratifications quieut lieu le 24 juin suivant. En Europe , l’Angle-terre comptait toujours de puissans amis : untraité d’alliance offensive l’unissait depuis le18 février pour huit ans à la Russie ; elle dis-posait de la marine de l’Espagne , comme desforces de l’Autriche ; et son pavillon se dédom-mageait amplement sur l’Océan et la Méditer-ranée de l’espèce de-contrariété qu’il souffraitdans la Baltique .
Les richesses qui affluaient sur la Tamise , aprèsune guerre maritime si heureuse, 11e détour-naient pas entièrement l’attention du peuple dela restriction des libertés publiques, et de l'é-normité des charges appesanties sur lui. L’orgueilnational flatté du triomphe de son pavillon, etla cupidité mercantile de la cité assouvie, n'em-pêchaient point l’esprit démocratique de se dé-velopper, ni une classe nombreuse de se réjouirdes succès éclatons des armes républicaines :si la haine contre la France n’eût pas été pluspuissante que l’amour de secte , onne sait tropce qui serait résulté de celte harmonie de dog-mes politiques chez les deux peuples rivaux.
La multitude incapable de juger si le mi-