LIVRE VIII, CHAP. XLVI. 53
le perfectionnement des ouvrages défendus sivaillamment en 1793, par les républicains, enrendait la conquête, sinon impossible, du moinstrès- difficile.
Cependant la Convention , ses commissaires ,et même les membres les plus éclairés du co-mité de salut public, jugeant de la facilité deprendre cette place, d’après celle qu’avait eueCustine de s’en emparer en 1792, chargèrent,dès le mois de novembre, Kléber de cette opé-ration , persuadés, sans doute, que celui qui avaitsi vaillamment contribué à défendre Mayencecontre les Prussiens , et qui connaissait les pointsd’attaque les plus favorables, le ferait tomberaussi promptement que Maastricht .
Trop habile pour partager une telle erreur, cegénéral n’avait obéi qu’avec répugnance; et lors-qu'il eut pris connaissance du personnel et du ma-tériel mis à sa disposition pour une pareille opéra-tion, il en avait fait sentir au gouvernement toutela difficulté. 11 observait avec raison que Custineréussit à prendre Mayence par les intelligencesqu’il s’y était ménagées, et par défaut de garnison,à une époque où il 11’existait pas un seul soldatennemi à 40 lieues à la ronde ; que, gardée aujour-d’hui par 20 mille Autrichiens, soutenus immé-diatement de deux armées dont la force excédaiti 5 o mille hommes, il faudrait, pour réduire cetteplace, non-seulement un siège régulier des plus