LIVRE IX , CHAP. LUI. ^27
de mécontens; et, partout, des vengeances par-ticulières attestaient cfue la possession de cettefrêle couronne coûterait cher à Georges 111. Ce-pendant, aucune démarche ne fut négligée pourprocurer à la Corse de bonnes relations avec lesbarbaresques : on espérait s’attacher les habi-tans, eu ouvrant des débouchés à leur com-merce : mais un peuple inquiet et mécontent rai-sonne mal des intérêts éloignés; et les mesuresfiscales, adoptées par le parlement, trouvaientde vives oppositions dans les vallées. Déjà, à lasuite de quelques rixes sanglantes, entre lesbataillons corses et anglais , on avait résolu derappeler à Gibraltar une partie de ces derniers,et de les faire remplacer par les régimens émi-grés , de Damas et de Rohan, venus de Hollande.Une insurrection éclatée à Borgo-Gaone, puisà Nabbio, s’étendit bientôt jusqu’aux portes deSt.-Florent. Guidés par Tuvera et Zambolino ,les républicains s’emparèrent de Corté où ilsarborèrent le drapeau tricolore; et les Anglais ,réduits à se renfermer dans les villes maritimes,purent juger qu’à la moindre apparition desforces de la France , l’île entière se soustrairait àleur domination.