l36 HISTOIRE DES CÜERRF.S DE LA RÉVOLUTION,quelles on se dispute seulement pour un arron-dissement ou une démarcation de frontière, etoù les peuples sont étrangers aux résultats. Lesprincipes proclamés , outre qu’ils menaçaientles institutions des plus petits gouvernemens ,les préjugés du peuple, les privilèges de lanoblesse et du clergé, froissaient également lesintérêts de tous les hommes attachés à la for-tune de ces deux classes. 11 était donc faciled’armer tout ce qui avait à craindre Un change-ment dans l’ordre de choses établi; aussi lesnobles et surtout les prêtres, qui se citaientperdus si les conquêtes des Français venaient àse consolider, ne manquèrent pas d’exciter leurspartisans à la révolte. Des ecclésiastiques force-nés, foulant aux pieds la morale de l’Evangile et les principes de leur religion , le poignardd’une main et le crucifix de l’autre, provoquaientleshabitans des villes et des campagnes au meur-tre et à l’assassinat.
Ce mouvement, qui fut spontané dans unegrande partie de la Lombardie , fait croire qu’ilpartit d’un point central, et qu’il était organisé.Les bruits se répandirent partout, que l’arméede Coudé débouchait par la Suisse sur le ïésin;que Beaulieu, renforcé par 60 mille hommes,allait arriver à Milan , et que les Anglais avaientdébarqué à Pvice. Les domestiques des nobles,les douaniers, les agens de la police autrichienne