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Tome huitième. Campagne de 1796. - Première période.
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PIÈCES JUSTIFICATIVES. 339

pose l’armée autrichienne , toujours restée maîtresse deson sort, par les positions qu’elle a prises.

Quand on considère les véritables intérêts de la courde Turin , on les trouve en quelque sorte essentielle-ment liés aux nôtres, et il n’existe plus aucun doutesur le désir que doit avoir celte cour, de voir expulserentièrement l’ambitieux autrichien hors de l’Italie , etd’obtenir le Milanais en dédommagement des paysréunis irrévocablement à la France par le premier ar-ticle de sa constitution républicaine.

Cette conjecture, dont la vraisemblance n’a pas be-soin d’être appuyée des raisonnemens que le sujet sug-gère lui-même, semble faire naître la question sui-vante :

Pourquoi, lorsqu’il est de l’intérêt des Piémontaisde s’unir aux Français pour chasser les Allemands del’Italie, la cour de Turin ne s’empresse-t-elle pas dejoindre ses armes à celles de la république, pour par-venir le plus promptement possible à ce but, à la foisprofitable et glorieux?

La solution de cette question doit contribuer à nouséclairer sur notre position politique vis-a-vis de l’Italie ,ainsi que sur la meilleure marche à suivre pour y vain-cre nos ennemis, et plus particulièrement les satellitesde l’Autriche . Placé entre les pays soumis à cette der-nière et la république française, le Piémont est forcéde jouer un rôle dans la guerre actuelle, et s’il eûtvoulu rester dans un état de neutralité, il auraitsouffert tous les maux de la guerre, sans jouir d’uneprérogative précieuse pour un état plus faible queses voisins ; c’est-à-dire du respect que les troupes

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