1 52 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION,port qui devaient porter à Corfou un corps de600 Vénitiens et i 5 oo Français sous les ordres deGentily, chargé de prendre possession de cetteplace, sous prétexte de faire reconnaître la cons-titution dans les Sept-lies. On ne fut pas moins»étonné de 11’y trouver que cinq vaisseaux de 74 ■>deux de 64, un de 58 , six frégates et onze ga-lères, et encore la plupart étaient , par leur vé-tusté , hors d’état de tenir la mer.
L’amiral Brueys reçut l’ordre du ministre Tru-guet d’appareiller de Toulon avec six vaisseaux,pour aller recueillir cet héritage, qu’il fut plusdifficile d’emmener que de s’approprier. Cetteescadre française mit à la voile avec toute la célé-rité possible; et 11e pouvant s’approvisionner fautede temps et de moyens, elle vint au milieu dejuillet, porter à Corfou , puis à Venise , un sur-croît de consommation pour la solde et les vivres,dont ces deux ports, aussi bien que l'armée, man-quaient également. Cette surcharge, qui retombasur la municipalité, redoubla son embarras.
Au milieu des anxiétés qui résultaient de cettesituation et de l’incertitude du sort réservé àVenise , les sociétés populaires s’avisèrent de vo-ter la réunion à la république cisalpine , et deforcer la municipalité à suivre leur exemple ;mais il n’était plus au pouvoir de ce peuple defixer les bases de son existence politique.
Enfin, le traité de paix sigué à Campo-Formio