LIVRE XII, CHAT. LXX1V. l85
ne s’apercevant pas du but de cette insinuation’,développa ses prétentions sans finesse. En vainCainot el Barthélemy auraient voulu qu’on nes’écartât pas, dans le traité définitif, des basesdes préliminaires : leurs représentations furentinutiles; il fallut plier sousla majorité. Toutefois,Carnot trouva dans l'ambition de ses collèguesl’occasion d’appuyer un projet , dont on trouvela première trace dans la correspondance de Bo naparte , et qui aurait pu faire passer une partiedu commerce de l'Amérique entre les mains dela république. Le général en chef ayant assuréque Peschiera et Pizzighetone formeraient à peude frais des boulevards suffisans pour la répu-blique cisalpiue et balanceraient Mantoue ; ce di-recteur proposa de renoncer à cette place , et dedonner la Roinagne au duc de Parme, en échangede la Louisiane et de la Floride que Charles IV au-rait volontiers cédées à la France , pour procurerun établissement solide à l’lnfant-dnc. Cette heu-reuse idée méritait d'être appréciée : elle eût in-téressé le roi d’Espagne aux affaires d’Italie ; et larépublique y eut gagné des positions militairesexcellentes dans le golfe du Mexique . Mais , dilfé-rentes causes et surtout l’obstination cpie mit lamajorité du directoire à conserver Mantoue ,firent échouer cette négociation avant qu’elleeût été sérieusement entamée.
Les mois de juillet et d’août se passèrent en