a38 HISTOIRE DES GUERRES DE LA REVOLUTION.
Le corps législatif touchait nu bord du préci-pice, et n’avait encore pris aucune mesure effi-cace pour se défendre. La commission des ins-pecteurs de la salle étendait à la vérité ses pou-voirs à force de décrets : mais , semblable à celledes Douze avant le 3i mai, toutes ses mesuresétaient paralysées , soit par l’apathie d'un certainnombre de membres , soit par l’opposition desautres. Bien plus , les conseils n’avaient pas en-core donné à leur garde, l’organisation désira-ble : il lui aurait fallu un chef dont le nom pût enimposer ; Kléber, Desaix etSerrurier, peu flattésd’un pareil commandement, l’ayant refusé, ilétait resté au chef de brigade Ramel, officier peuconnu de l’armée.
En révolution comme en guerre, celui quiprend l’initiative est toujours le plus près du suc-cès. Les conseils ne sentirent pas assez cettevérité, et perdirent en délibérations un tempsprécieux. La station d’une armée dans le cercletracé par la constitution , autour du lieu des séan-ces de l’autorité législative , démontrait assez lessinistres projets du directoire. Mais l’opposition ,quoiqu’en majorité, se composait d’élémens trophétérogènes : on y voyait des royalistes absoluset des constitutionnels avec des républicainsmécontens. Sou union avec la minorité direc-toriale qui eût centuplé sa force , n’était pasaisée , car Barthélemy paraissait vouloir rester