LIVRE XIV, CHAP. LXXXIII. 98
Ainsi le directoire, avec 170 mille hommesdisséminés des bords de l’Adige à l’embouchuredu Meyn , espérait s’emparer du saillaut que for-ment Je Tyrol et le Vorarlberg sur les étals héré-ditaires de l’Autriche , tourner l’armée impé-riale d’Italie , et la couper à jamais de celle quiopérerait sur les bords du Danube . Ce plan , aussigigantesque dans son ensemble que vicieux dansses détails , était basé sur la fausse maxime quela possession des montagnes rend maître desgrandes vallées. En visant à transporter le théâ-tre de la guerre en Tyrol, au lieu de le placerdans la vallée du Danube , ou oublia que la con-quête de ce pays était d’autant moins assurée,qu’on n’était maître ni de Feldkireh ni de la val-lée de l’Adige ; que d’un côté, il n’y aurait decommunication entre l’armée d’Italie et l’arméed’Helvélie que parle Splugen ; que de l’antre,celte dernière se lierait difficilement à l’arméedu Danube, lorsqu’elle aurait dépassé le lac deConstance . Ajoutez qu’en disséminant les trou-pes eu Allemagne, en Suisse , en Italie , on s’en-levait la faculté de frapper un grand coup surl’uu de ces points à l’ouverture de la campagne;
la force s’élevait à 20 mille hommes ; elle Décomptait guère quepour la défense de ses cotes , et dès que les hostilités n’en appro-chaient pas, il fallait la regarder comme une force négative, il enctait <le même des milipe* helvétiques.