LIVRE XIV, CHAP. LXXXVI. s6l
L’état-major, formé de jeunes gens élevés à l’é-cole des Cadets, possédait des connaissances suf*fisantes pour développer les talens d’un hommené pour la guerre; mais il n’en avait pas assezpour constituer un corps savant, propre à diri-ger toute opération militaire (1).
Le premier soin du maréchal fut de recom- Singularitémander l’usage de la baïonnette : attribuant les premier»revers des campagnes précédentes au peu de ordres -vigueur des officiers autrichiens, il envoya desofficiers russes dans les régimens de l’armée im-périale, enseiguer le maniement de cette arme:leçon sévère, et qui, malgré le caractère d’éner-gie dont elle portait l’empreinte, fut envisagéepar ses alliés sous un tout autre point de vue.
Le général Chasteler, chef d’étal-major del’armée, lui ayant proposé à son arrivée de faireune reconnaissance, le maréchal lui réponditvivement : « Des reconnaissances!! je n’en veux» pas; elles ne servent qu’aux gens timides, et» pour avertir l’ennemi qu’on arrive ; on trouve» toujours l’ennemi quand on veut. Des colon-
(i) Le général Toll, aujourd’hui quartier-maître - général del’empereur Alexandre, officier du plus grand mérite, s’y trouvaitcomme lieutenant ; mais il n’y en avait pas beaucoup de cettetrempe. Il était réservé à l’empereur Alexandre, secondé du princeWolkonsky, d’instituer un état-major digne de la Russie , aprèsque les campagnes de i8o5 et 1807 en eussent fait sentir tout lebesoin.