LIVRE XVII, CHAP. CV. 2.5
mérique de ses produits, et de ceux de ses richescolonies. Mais cela ne lui paraissait pas suffisant,et la multiplication des produits réclamant lamultiplication des débouchés, elle n’aspiraitqu’à détruire le commerce de ses voisins, pourécarter toute concurrence. Comme ce mono-pole était le véritable but qui lui avait mis lesarmes à la main, il n’était pas survenu un évé-nement en Europe , qui n’eût été pour elle unobjet de spéculation. La crainte des principesrévolutionnaires avait été , comme autrefoisl’ambition de Louis XIV , l’épouvantail dont elleeffraya les Souverains, pour dérober à leursyeux le danger plus réel peut-être de ses em-piétemeus maritimes. Fière des nombreux vais-seaux dont elle couvrait les mers, elle voulaitconsolider et multiplier les élémens de sa puis-sance, eu consacrant des maximes de droit pu-blic, qui n’étaient autre chose que l’abus de laforce, coloré par d’adroits sophismes. Si l’onest forcé de la condamner en principes , on doittoutefois convenir qu’il était de son intérêt deprofiter de ses immenses avantages pour ren-verser les barrières que les différens actes deneutralité maritime avaient élevées contre sesprétentions à l’empire universel des mers. Parune conséquence toute simple , il n’était pasmoins naturel que les autres Etats fissent undernier effort pour maintenir ce pacte conser-