3 G HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
France , sans mettre en règle les intérêts desprinces d'Italie et d’Allemagne , dont il étaitl’allié. Mais cette politique indécise , qui n’étaitni la paix ni la guerre, ne pouvait convenirlong-temps à un caractère ardent et inquietcomme le sien. Jaloux de la prépondérance ma-ritime de l’Angleterre, il aurait voulu s’érigeren arbitre des mers, ou disputer au moins l’em-pire de la Baltique et de la Méditerranée, en ter-minant glorieusement l’ouvrage qui avait illustréle règne de sa mère. L’occasion lui parut favo-rable pour l’exécution de ces projets; les puis-sances neutres l’invoquaient comme leur ven-geur et leur appui, il répondit dignement à leurattente par la déclaration du 28 août i 800. Aprèsavoir rappelé dans ce manifeste les vues quiavaient dicté la neutralité armée de 1780, et lesavantages qu’elle aurait procurés à l’Europe ,sans la funeste diversion produite par la révolu-tion française, l’Empereur appelait l’attentiondes puissances sur les insultes récemment diri-gées contre le pavillon danois : il espérait quel’Angleterre n’hésiterait pas à désavouer la con-duite de ses agens, mais n’en croyait pas moinsindispensable, pour prévenir désormais de pareil-les violences, de proclamer de nouveau les prin-cipes de la neutralité : il invitait spécialementles rois de Prusse , de Suède et de Danemarck àconcourir avec lui aux mesures nécessaires pour