38 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Que tout vaisseau neutre qui s’oppose à la visiteen pareil cas, est confiscable et de bonne prise.
Le comte de Bernstorff ne pouvant opposer àcette diplomatie tranchante, que la discussionapprofondie des questions de droit, eût vouludu moins arrêter son adversaire sur ce terrainoù il avait tout l’avantage, et gagner assez detemps pour pouvoir connaître les dispositionsde ses alliés. Il proposa dans ce but de s’en rap-porter à la médiation de l’empereur de Russie ;mais celte ouverture fut rejetée, et lord With-wortli signifia le 21 août qu’il partirait de Co penhague dans huit jours, s’il ne recevait uneréponse satisfaisante. On parut enfin s’entendre,et la convention du 29 août fut le résultat deconcessions réciproques. On stipula que la Frejaet son convoi seraient relâchés et poursuivraientlibrement leur route; mais le Danemarck s’en-gageait à suspendre ses convois, jusqu'à ce quela question de droit relative à la visite des neu-tres allant sous escorte, eût été résolue par unnouveau traité. La signature d’un arrangementsi avantageux à l’Angleterre dut coûter un grandeffort au comte de Bernstorff , dont la politiqueferme et courageuse parut se démentir pour lapremière fois ; mais dans la situation où se trou-vait le Danemarck, c’était beaucoup d’avoirsauvé le principe, pour pouvoir appeler d’unecoucession momentanée, à des circonstancesplus favorables.