Irrésolutionde Bruneà cet avis.
178 HISTOIRE DES GUERRES DELA RÉVOLUTION.
Brune était informé que les Autrichiens avaientréuni près de 4o mille hommes sous Villa-Franca,y compris la garnison de Mantoue , dont la pro-ximité leur permettait de disposer : on savaitqu’ils y avaient entre autres le gros de leur cava-lerie, et i3 bataillons de grenadiers. Dès-lorsil lui parut essentiel de tromper le comte deBellegarde, en le menaçant d’une attaque sé-rieuse à Pozzolo, afin de lui faire négliger lespositions importantes de Monzambauo, où l’onavait projeté de l’assaillir le lendemain à l’aubedu jour. Le succès de l’entreprise devait êtreimmanquable , si l’on déterminait ainsi l’ennemià diriger le gros de ses forces sur un autre pointque celui où l’on voulait frapper. Mais il était àcraindre aussi que le général autrichien, fei-gnant de donner dans le piège, n’excitât par delégers succès les premières colonnes qui au-raient passé, à le poursuivre jusque dans saposition, pour les culbuter ensuite dans leMincio.
Brune fut embarrassé par les propositions deses lieutenaus, bien qu’il u’eùt à choisir qu’en-tre deux partis; porter sur-le-champ Suchet ausecours de Dupont, et le suivre à l’instant mêmeavec le gros de son armée ; ou persister dans leprojet de passage par sa gauche, en laissant sadroite en prise.
Le premier parti semblait plus conforme aux