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[Tome quatorzième. Campagnes de 1800 et de 1801. - Tome quinzième. Campagnes de 1802 - 1802.]
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LIVRE XVIII, CHÀP. CIX. 285

général, qui avait étouffé l’hydre de l’anarchie,pacifié la France , et changé en peu de mois laface de l’Europe , lui paraissait envoyé pourfermer le gouffre des révolutions et raffermir lestrônes. Ce monarque, plein de confiance dans lasagesse et la fortune de son allié, suivait docile-ment tous les conseils de sa politique. La stagna-tion du commerce espagnol , le peu de succès desefforts maritimes concertés jusque-là , tempé-raient parfois, il est vrai, les bonnes disposi-tions du roi, et donnaient des inquiétudes auprince de la Paix, en dépit duquel Urquijo, quiinclinait en secret en faveur de l’Angleterre,exerçait encore quelque empire dans le conseil.

Bonaparte était trop habile pour ne pas pro-fiter de ces heureuses dispositions et les fairetourner à l’accomplissement de ses vues sur lePortugal . Placé sur le bord du grand Océan,à l’extrémité occidentale de l’Europe , qui offreles points de départ les plus avantageux pour lanavigation sur les côtes d’Afrique et d’Amérique ,jouissant de tous les bienfaits du climat et du sol,étranger, par sa position éloignée, à tous lesdébats qui ont ensanglanté et dévasté tour à tourles contrées les plus florissantes de l’Europe ; ceroyaume, qui pourrait contenir cinq à six millionsd’habitans, en comptait à peine la moitié. Malgréles avantages de sa situation pour le commerce,malgré les conquêtes aussi glorieuses qu’utiles

Vues deBonapartesur lePortugal .