LITRE XVIII, CHAP. CIX. 299
avec les Espagnols pour se dispenser de Je faireavec la France , et ménager ainsi le gouverne-ment anglais auquel le cabinet de Madrid don-nait toujours l’espoir d’un rapprochement. Cetraité signé le 6 juin, à Badajos, cédait à l’Es-pagne la forteresse d’Olivenza avec le districtde ce nom, et obligeait le Portugal à fermer sesports aux Anglais .
Dans ces entrefaites, l’armée française traver-sait la Castille, et St.-Cyr revêtu du titre d’en-voyé extraordinaire près la cour de Madrid , pourmieux diriger de là toutes les opérations, venaitd’en remettre le commandement au général Le-clerc, beau-frère du premier Consul.
Le prince de la Paix que cette circonstanceaurait dû tenir en respect, se hâta de traiter lui-même avec la cour de Lisbonne : si sa vanité ytrouva son compte, il faut avouer aussi qu’ilétait du plus haut intérêt pour l’Espagne , d’êtrel’arbitre d’une affaire qui la touchait de si près,et qu’en épargnant au Portugal la honte et lessuites fâcheuses d’une occupation par les Fran-çais , elle évitait à elle-même le fardeau qu’eûtentraîné l’établissement d’une ligne d’étape.Toutefois sa démarche n’en était pas moins in-considérée, puisqu’on manquait d’égards enversla France , en traitant sans sa participation,quand on avait contracté avec elle des engage-mens si positifs. On a dit que le ministère espa-