LIVRE XVIII, CHAP. CX. 343
certain que la possession du Caire appartien-drait toujours au vainqueur. Belliard n’osantprendre sur lui l’abandon de cette capitale, ylaissa une partie de son monde, et se mit eumarche le i 5 avec 5 , 5 oo hommes seulement,dont 900 de cavalerie et 24 pièces de canon.
Le Visir, prévenu de son mouvement, et von- L.slaut lui arracher l’initiative, envoya au-devant de VAt’vJsiVle"lui Tnhir-Pacha avec 2 mille chevaux, et partit toiu
de Belbeis avec sou armée. La rencontre desdeux partis eut lieu dans un bois de dattiers;après l’échange de quelques coups de canon,
Belliard forma de son infanterie deux carrésentre lesquels il plaça sa cavalerie; les dragonsfrançais chargèrent l’ennemi, le culbutèrent etlui prirent deux pièces de canon. Ce début n’eutpas d’autre suite : Jussuf s’avançant avec mesure,contre la coutume des Turcs, eut l’air de ma-noeuvrer, et en imposa aux républicains dont ilmenaçait les communications avec le Caire .
Cette manoeuvre plus habile qu’on ne s’y seraitattendu de la part d’un barbare, décida le gé-néral français à rentrer dans la capitale le 17,et ce fut un grand malheur, car on perdit pourjamais l’occasion de battre l’ennemi.
Enhardis par les mauvaises dispositions de MauresMenou, les généraux alliés suivaient avec per-^® s irsévéranee le plan qu’ils s’étaient tracé. Regar- leuis forces -daut 1 armée française comme une proie qui ne