LIVRE XVIII, CIIÀP. CX. 345
chans petits foçts, n’avait été entouré depuis,par ordre de Kléber, que d’une enceinte sus-ceptible d’arrêter les incursions de la cavalerie.Elle consistait en un mur de dix-huit poucesd’épaisseur et de dix à douze pieds de hau-teur, entre le Nil et la citadelle. De là â laporte des Victoires, régnait un autre mur deterre élevé à la hâte, appuyé sur le fort Dupuy,et flanqué de quelques petites tours. Ces deuxfronts ne pouvaient résister qu’à un coup demain tenté par des troupes turques dépourvuesd’artillerie; mais depuis la porte des Victoiresjusqu’au canal, un ancien rempart rétabli parles Français offrait quelques moyens de résis-tance. Dans aucun cas cependant le Caire n’au-rait pu résister à l’attaque des troupes euro-péennes ; les pièces du plus petit calibre eussentfait écrouler ses murailles. Ajoutez à cela la dif-ficulté de défendre une aussi vaste enceinte avecsi peu de moyens et les dispositions nécessaire-ment hostiles de ses habitaus.
Entourée par plus de 3o mille hommes, obli-gée de conserver une ligue cle 12 à i3 milletoises, manquant de vivres , de fourrages et demunitions, quelle résistance pouvait opposerune division de 8 mille combattans ? il était-im-possible de se retirer dans la Haute-Egypte où lapeste étendait alors ses ravages , ni dans le Deltaque l'ennemi occupait en forces. Si les 5 mille