LIVRE XVIII, C1IAP. CX1I. 431
noirs de Toussaint, avec l’aveugle enthousiasmequ’ils avaient pour un chef presque toujours vic-torieux, et la haine qu’ils vouaient aux hommesde couleur : ceux-ci avec la rage que leur inspi-rait la seule idée de passer sous le joug de cesCadres qu’ils méprisaient et abhorraient.
Rigaud débuta par surprendre Léogane, sous Opérationsprétexte que cette ville devait appartenir à son ^j 1 "*"commandement, et il y fit main-basse sur sesplus acharnés ennemis : s’étant emparé ensuitede Jérémie et des Goave, ses troupes y égorgè-rent sans pitié les agens des noirs et des Anglais .Toussaint, non moins indigné de cet événementque dé la résistance qu’on opposait à son auto-rité, concentre ses forces pour accabler son ad-versaire. Au moment de quitter Port-au-Prince ,où les hommes de couleur avaient un parti sipuissant, cet homme inconcevable monte enchaire, s’adresse aux auditeurs dont il se méfiele plus, leur annonce son départ, leur prédit lachute de Rigaud et la ruine de leur couleur, puisles apostrophe ainsi : « Je vois au fond de vos» cœurs; vous étiez prêts à vous soulever contre» moi; mais bien que toutes les troupes aillent» incessamment quitter la partie de l’Ouest, j’y» laisse mon œil et mon bras : mon œil qui saura» vous surveiller, mon bras qui saura vous at-» teindre. »
Un mouvement habilement combiné par Ri-
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