LIVRE XVIII, CHAP. CXII. ^35
La France n’ayant aucun moyen coercitif,aussi long-temps que durait la guerre maritime,devait renoncer à maintenir une exacte pondé-ration entre deux partis aussi exaltés. Ge molifdétermina le premier Consul à s’appuyer sur leplus fort, en accordant toute confiance à Tous-saint et à ses noirs.
La situation était délicate, et pour en présen-ter le tableau, nous ne saurions nous servir decouleurs assez vives, sans les emprunter au pre-mier Consul lui-même : « Le colonel Vincent,j) dit-il, était fort avant dans la confiance de Tous-u saint, dont il était le chargé d’affaires. Il se» trouvait alors à Paris . Le premier Consul le fit» appeler, lui fit connaître sa partialité pour les» noirs, sa confiance entière dans le caractère» de Toussaint, et le renvoya dans la colonie,» porteur, i° du décret qui nommait Toussaint-» Couverture général eu chefdeSaint-Domingue ;» 2 ° de la constitution de l’an VIII; 3° d’une pro-» clamation aux noirs, où il leur disait : Braves« noirs , souvenez-vous que la France seule recon-» naît votre liberté ! 11 joignit au colonel Vincent» deux autres commissaires, et les chargea de» prendre de concert toutes les mesures néces-» saires pour rétablir le calme et faire cesser les« hostilités. Cette sage politique eut les plus heu-» reux effets. Pugaud repassa en France , les» hommes de couleur posèrent les armes, l’au-
Motifsde cetit»politique