LIVRE XVIII, CIIAP. CXII. 4^3
police : l’un et l’autre sont conduits au fort, lespapiers saisis chez le dernier, prouvent l’existencede listes de proscription. On y trouve des lettresannonçant que les mulâtres envoyés quelquesmois auparavant en France par mesure de sûreté,devaient être déportés à Madagascar : à cettenouvelle la fureur fut portée au comble, déjà onagitait la question du massacre des blancs, et ilfallut toute la fermeté et le bon esprit de Pelagepour les sauvei'.
Lacrosse considérant cet événement commeune révolte instiguée par Pelage, s’était mis à latête des troupes de la Basse-Terre pour marchercontre lui, en le déclarant hors la loi. Mais bien-tôt éclairé sur le véritable état des choses etcomptant peu sur les soldats dont il était accom-pagné, il se décida à la demande de Pelage devenir à la Pointe-à-Pitre , dans l’espoir de rame-ner par sa présence l’ordre et la confiance dansles troupes. Lacrosse voyant le bon accueil qu’onlui faisait, crut pouvoir se montrer sévère, etles menaces qu’il se permit envers Pelage etd’autres officiers, rallumèrent en un clin-d’oeiltout le courroux des noirs. Des chasseurs se pré-cipitent sur lui pour le percer de leurs baïon-nettes , Pelage le couvre de son corps, et atteintlui-même au visage voit couler son sang poursauver les jours de son persécuteur. Tous deuxse rendent ensuite au fort de la Victoire pour