LIVRE XIX, CHAP. CXIV. 4 1
que chose; et les noirs n’auraient eu que les olli-vieux avis des Auglais et des Américains , qu’ileût été absurde de fonder le succès de l’expédi-tion sur la chance d’une surprise.
Quoi qu’il en soit, la réunion eut lieu au capSamana avec assez de lenteur; l’escadre y arrivaen plusieurs délachemens à de longs inter-valles, en sorte qu’elle mit plus de quinze joursà cette opération. Latouche-Trévilley jeta l’ancrele premier, avec l’escadre de Rochefort. Villaretqui avait perdu plusieurs jours à attendre la di-vision de Lorient à la hauteur de Belle-Ile,après être ainsi tombé dans une série de mauvais tempssans pouvoir la rallier, fut obligé de continuerseul sa navigation; incident d’autant plus fâ-cheux, que l’escadre attendue ne portant pasmille hommes, ce n’était pas la peine de retarderl’expédition pour obtenir son concours.
Toussaint, au premier avis qu’il reçut par unnavire américain de l’apparition d’une flotte siconsidérable dans les eaux de Samana, vola surce point où se trouvait la première demi-brigadedes noirs. Depuis le départ du colonel Vincent,son âme avait été vivement agitée, mais parais-sait enfin fixée; il disait, avec une sorte de no-blesse :
« Un enfant bien né doit de la soumission et» de l’obéissauce à sa mère ; mais dans le cas où» cette mère serait assez dénaturée pour cher-
Toussaintcourt àSamanapour lesobserver.