LIVRE XIX, CHAP. CXV. 121
au gouvernement alors établi et reconnu. Toutportait donc à croire qu’il interviendrait de ma-nière ou d’autre, et que l’Autriche ferait desréclamations : en admettant que la France fûtdisposée à faire droit à ses demandes, une mé-diation des deux cabinets était le résultat le moinsfâcheux qu’on dût prévoir, et la Suisse recevraitainsi ses constitutions de voisins peu intéres-sés à sa prospérité. S'ils ne tombaient pas d’ac-cord , elle était condamnée de nouveau à fournirle champ de bataille aux deux puissances, quise disputeraient l’avantage de les lui donner.
Les hommes qui plongeaient d'un oeil sec leurpatrie dans une situation aussi délicate, étaient-ils moins coupables que ceux qui, fondés surles aucieus traités, avaient réclamé en 1798 desdroits imprescriptibles? Peut-on alléguer queleurs motifs fussent plus généreux, puisque lesderniers 11e se révoltèrent que pour se soustraireà l’humiliante condition de Parias, tandis que lesautres précipitaient la Suisse dans l’abîme , pourleur intérêt exclusif? Dans les discordes civiles,les passions dénaturent tout : elles aveuglèrentces hommes doués d’ailleurs de quelques vertusdomestiques, qui avaient à se plaindre il est vrai,mais qui devaient attendre de la justice et dutemps le redressement de leurs griefs.
Quoique peu enclins à partager l’admiration Sagesque tant d’écrivains passionnés ont alfecté pour