LIVRE XIX, CHAP. CXV. l3l
ginèrent de se sauver par un dernier acte devigueur: ils décidèrent d’une voix unanime queBaclitnan recevrait l’ordre de pousser jusqu’àLausanne ; qu’un commissaire fédéral irait à soncamp pour imprimer à ses opérations le sceaude la volonté nationale; qu’une députation dedeux membres irait porter à Rapp la réponsedu congrès, en meme temps que le comte d’Af-fry de Fribourg, essaierait à Paris de ramener,en faveur de ses collègues la bienveillance dupremier Consul, auquel on adresserait une dé-pêche apologétique des opérations de Ja com-mission. Enfin, à l’aide de ces délais, l’envoyésuisse à Vienne eut l’ordre de réclamer l’inter-vention du cabinet autrichien pour la garantie dutraité de Lunéville, touchant le libre arbitre del’Helvélie sur le choix de ses institutions.
Tous ces actes, inspirés par un esprit de vi-gueur et de dignité, ne méritent qu’un reproche,celui de présenter comme l’opinion de la nationSuisse , ce qui n’était évidemment que le vœud’une faction et les intérêts privés de ses meneurs.L’ordre donué à Baehman de pousser jusqu’àLausanne , prouva que les Bernois s’inquiétaientmoins de la restauration d’un système fédéralque du rétablissement des patriciens et de lasoumission des cantons de Vaud et d’Argovie . Usespéraient, après avoir frappé ces deux coupsdécisifs et s’être reconstitués dans toute leur