LZZ HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. I V.le&une Tour dc laquelle le sommet íoit jusqu’aux Cieux: Ê? faìfons-nous unnom ,Consiruà. de peur que nous ne soyons épars fur toute la Terre (a). Plusieurs Commenta-is Babel, teurs croyent, que le motif qui les porta à cette entreprise, étoit la crainteAnnée du à'un second Déluge, & que l’unique but qu’ils avoient étoit de faire un Bâ-Déiuge timent d’une hauteur prodigieuse , afin de s’y retirer en cas de besoin (b).
4oi- D’aucres pensent, qu’un pareil motif ne sauroit avoir animé les descendansAv ® ‘ de ÀW, puifqu’en ce cas ils auroient bâti fur une éminence ,&point du tout__!—dans une plaine: d’aiileurs I’Ëcriture attribue expressément leur entrepri-se au désir de se faire un notn , ou de s’immortaliser par une espèce de mo-nument, de peur quils ne fusent épars , Ou , comme d’autres rendent cesparoles (peut-être pour fortifier le sentiment des Auteurs de cette manièrede traduire) avant qu’tls sussent dispersés (c) : ce qui marque qu’ils savoient,avant que de mettre la main à l’ouvrage , qu’ils seroient dispersés ; Dieu,suivant quelques Ecrivains , leur ayant ordonné de se séparer en plusieurscolonies (d). Mais , une troisième classe d’Interprètes , à qui le texte enquestion paroit inintelligible de la manière dont il se trouve rendu dans lesdifférentes Traductions , prétendent que le mot tue Shetn ne signifie pasici un nom, mais un signe. Conformément à cette version, le sens du textefera, faìfons-nous un Jìgne de peur que nous ne foyions épars ; c’est-à-dire , sui-vant l'explication de Perizomus, que la Tour dévoie leur servir de mar-que, dont la vue , ou celle d'un signal fait du haut de la Tour , étoitdestinée à les empêcher de s’égarer dans les plaines avec leurs troupeaux,& á les ramener à la Ville qu’ils avoient bâtie (e).
Mais quelles qu’ayent été les vues des principaux d’entre eux, vues quine font pas clairement exprimées dans le texte,l’effet de leur délibérationfut, qu’ils commencèrent à bâtir la Ville & la Tour de Babel Cette en-treprise étant désagréable aux yeux de Dieu, parce qu’elle tendoit à ren-dre vaine, ou du moins à différer l’exécution du dessein qu’il avoitde peu-pler toute la Terre , il les força de se désister de leur projet avant que desavoir exécuté *, en confondant leur langage de manière que l’un nepouvoit point entendre ce que l’autre disoit ; & c’est de-là que la Villedont il s’agit a tiré le nom de Babel (/), qui signifie Confusion : après quoile Genre-humain ne tarda guères à se disperser.
Ce
La Con-jlructiontien cflpoint ache-vée.
fa) Gen. XI. 4- , T(/Á Joseph. Antiq. L. I. c. 5. Eutych. An-nal. p. 50. Basnage, Antiq. Judaïques, T. II.C. 2. §. 27. p. 4*9-
(c) Biblia Vulgatte Edit.
(d) Usher’s Annals m English, ad Ann.Mundi 1757.
(e) Perizon. Origin. Babyl. c. II. p. 193.(/) Gen. XI. 7, 8,9.
* 11 y en a qui prétendent que la Tour fut renversée, par un vent violent, sur la tê-te des Architectes ; & que des débris de cette Tour fut construite la Ville de Babylotie. (1).
(1) Abyden v apud Euseb. de Piítp, Ev, h, IX, c, 14. & Sibyll* apud Joseph. Antiq. I» I- c - 4 .