262 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sk-ct. IV. Noé yé toit longue de trois cens & treize brasses, & large de cent cinquanteConíïruà. & une » les murailles en étoient hautes de cinq mille cinq cens & trentede Babel , & trois brasses, & larges de trente & trois ; & que la Tour avoit dix milleAnnée à brah.es ,ou douze miles de hauteur (a) y dimensions, qui n’ontpointentr’el»Déluge jes la moindre proportion. St. Jérôme même affirme, fondé fur la dépoli-'winY c. îìon . de quelques témoins oculaires, qui avoient examiné soigneusement les2597. débris de la Tour, qu’elle avoit eu quatre miles en hauteur (b) : mais Ado va
—-jufqu’à lui donner 5000 miles (c) , ce qui est excessivement ridicule. Les
seules lumières fur lesquelles nous puissions faire quelque fond, à l'égarddes dimensions de cette Tour, (supposant que ç’ait été la même que celle quiétoit au milieu du Temple de Bêlas y que Nébucadnet/ar avoit fait bâtir toucautour,) doivent être puisées dans des Auteurs profanes. Hérodote assurequ’elle avoit un stade en longueur, & autant en largeur (d) *; & Strabon
Ça) Ebn Amîd p. 14. Eutych. p. 53. (c) In Chronica.
{b) Ilieron. L. V. Comment, in Esaiam. (d) Herodot. L. I. p. 33.
Pays, que lors de la construction de [a Tour de Babel, le bitume y étoit apporté de cet en-droit (1) ; tradition qui est confirmée par le témoignage des Historiens slrabes & Per-sans (2).
Hit y Heit (3), FJt (4), Ait (5), ou Idt (6), (car on trouve ce nom écrit de toutes césdifférentes manières,) est une grande Ville appartenant aux Turcs (7), & située fur le bordOccidental de l’ Euphrate (8). Elle a un château au Sud-Ouest (9), & à trois miles dèla Ville, dans une Vallée, il y a plusieurs sources de bitume (10), dont chacune fait un bruitsemblable à la forge d’un Maréchal, c’est pourquoi les Arabes appellent ces sources Bah-al jebennam , c’est-à-dire, la porte de l'Enfer (ji). Plusieurs chameaux tombent de tems enrems dans des puits de ce bitume & font perdus fans ressource (taj. La source de cettematière est un lac, d’où fort une vilaine fumée, & dont la poix toujours bouillante se ré-pand sur un grand champ qui en est couvert. Chacun peut en prendre tant qu’il veut. Leshabitans du Pays s’en servent pour poisser leurs barques, la mettant de l'épaisseur de deuxou trois pouces, ce qui suffit pour que seau ne puistè palier (13); ils en poiíïènt auíïï leursmaisons faites de branches de Palmier, si les inondations de l 'Euphrate n’emportoîent pas làPoix qui couvre tous les fables depuis fendroit dont elle tire fa source jufqu’au Fleuve , il yen auroit eu des Montagnes depuis longtems (14.) Le Terrain même produit du Bitume, &les champs donnent une grande quautûé de Salpêtre (15.)
* Voici les paroles £ Hérodote. ’£» ru ígS Ttiçy©- rsçiaí ìixeìáf*>irxi, eaolu xx) x»
f&íjK&xctì ra iv(&‘,x.uì tari rara ra Trùqï u cÍAá©- ítíj©' iaxXx Ix-'i rurai,
S àxrá rr ufyai.Au milieu duTemple il y a une Tour falide,qui a un slade en longueur b autant
(1) Voyage de Perse des an. ijs8. Scijsp.parnn Gentilhomme de la fuite du Seigneur Slierleyp. 110. des Relations véritables & curieuses.
(z) D’Herbel. Biblioth. Orient. Art. Hit, &c.
(3) Newberiy. _ ...
(4) Balbi, Viaggio dell’ Indie Orientale c. 4.Idem apud de Brie, India Orient. VoJ. VU.
v\ c '-nwright and f itch.
(«) Ra„ w „>f. .
y'I !L d , e , m ! n bis Trav. Part. II. e. S. p. 1Í3.
M EMred, axud Hakluit, Vol, I, Balbi, Sî-,
ubi sup.
(9) Newberry s Trav, Ptirchas’s Pîlgrîms, Vûî#
II* p,. 141*'
(10) Eldred , ubi sup.
(n; Carrwright’s or rhe Preachers Travels, p*ioj. Eldred ubi sup, Fitch’s Travels. FifrcÈaS«bi sitp. p. 1730.
(12) Eldred Sc Newberry ubi sup,
(13J Fitcli & Balbi ubi lup.
(ia.) Balbi ubi lup.
í*f) Voyage de Ferse» ubi supra.