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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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266 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Skct IV d’une ancienne Ville appellée Hella, & située sur le même Fleuve. C’eítCon/ìruâ ' au U^ême endroit qu’il faut aussi placer les Ruines décrites par un Voyageurde Babel. rooder-

Année du ... , . _

Déluge I» plslns, d srrivs en deux zours à Baghdad , au Sua-Ouest de laquelle font les Ruines dontaoi. i! s’agit. ,, Au milieud’une plaine vaste & unie, dit cet excellent Voyageur, environ à unAvant T. C. », í l uart de lieue de l ’Euphrate , donc le cours est en cet endroit vers ['Occident, se voie un* 2597. „ Monceau d’Edifices ruinés, qui sonnent une espèce de Montagne de matériaux tellement

--„ mêlés ensemble, qu’on a peine à définir ce que c’est. La figure en estquarrée, & s’élè-

„ ve en forme de Tour ou de Pyramide , avec quatre façades qui répondent aux quatre„ côtés de l’enceinte ; mais la longueur en paroit plus grande du Septentrion au Midi que,, de f Orient à l’Occident, & est autant que j’ai pu en juger, d’un grand quart de lieue.„ La situation & la forme en sont à peu près les mêmes que celles de cette Pyramide que„ Strabon appelle la Tour de Béluì ; & je ne doute pas que ce ne soit la Tour de Nimrod,, en Babylone ou Babel , comme le lieu s'appelle encore présentement. Du teins de cet Au-,, teur, il ne restoit rien des Escaliers ni des autres Ornemens dont Hérodote fait mention;,, la plus grande partie en ayant été détruite par Xerxès : & Alexandre , qui vouloir rendre„ à ces Ruines leur prémier lustre, étant venu à mourir avant que d'avoir pu exécuter ce„ dessein. On ne voit au dehors de l’enceinte de ce prodigieux monceau aucunes ruines par„ lesquelles il patoisse qu’une auffi grande Ville que Babylone , ait jamais été en cet endroit :„ tout ce qu’ou découvre, 11e consistant que dans quelques restes de bàtimens ; & la contrée„ tout à l’entour étant si unie , qu’on a de la peine à concevoir qu’une auilì grande Ville„ que Babylone y ait été autrefois située, ou qu’il y ait eu en cet endroit quelques édifi-„ ces remarquables. Mais pour moi, je fuis étonné qu’il y en ait encore tant, puiíqu’il y a,, du moins quatre mille ans que cette Ville a été bâtie , & que Diodore de Sicile nous ap.„ prend que de Con tems on n’eii voyoit presque plus rien. La hauteur de cette Montagne

„ de ruïnes n’est pas égale par-tout , mais surpasse celle des Palais les plus élevés de Naples .

„ C’est une massé informe, 0Ì1 l’on n’apperçoit pas la moindre régularité : en quelques„ endroits cette masse s’élève en pointes , & est inaccessible ; & en d'atitres, on peut y

„ monter aisément, & la surface en est assez égale. On 11e sauroit découvrir aucun sentier

„ par lequel on ait monté sur ce monceau , ou quelques portes pour y entrer ; d’où„ l’on peut aisément conclure, que les montées allant en tournoyant au dehors, & qu’étant„ les parties les moins solides , elles ont été détruites les premières, tellement qu’il n’en reste„ pas la moindre marque à présent.

„ Au dedans on trouve quelques Grottes , mais si niïnées, qu’on peut à peine discernerj, ce que c’est; & il y a lieu de douter , à l’égard de quelques-unes d’elles, si elles ont„ été bâties en même tems que le reste de >'Ouvrage , ou faites ensuite par les paiìàns„ pour s’y retirer en Cas de besoin: ce dernier sentiment nous paroit le plus vraisemblable.„ Les Mahométans croyent que Dieu a renfermé dans ces Cavernes., comme dans une pri-,, son, Harut & Marut , deux Anges qu’ils supposent avoir été envoyés du Ciel pour juger„ les hommes ; commission qu’ils n’avoìeut point exécutée comme ils auroient dû. II paroit,, clairement par ces Ruines, que la Tour de Nimrod a été bâtie de grandes & d’épaisses bti-„ ques, comme je l’ai soigneusement remarqué , faisant pour cet effet faire des trous en,, plusieurs endroits ; ces briques ne paroiffent pas avoir été durcies au feu, mais sechées„ au Soleil, dont la chaleur dans ce Pays est extrême. En arrangeant ces briques, on n’a„ employé ni chaux ni fable, mais feulement de la terre préparée d’une certaine manière,„ & pétrifiée ; & dans les endroits qui servent de fondemens, on trouve des roseaux„ brisés mêlés avec cette terre, qui tient lieu de mortier, afin de mieux affermir l'Ouvra*„ ge. Ensuite on apperçoit à certaines distances. en différens endroits, particulièrement„ là où devoieuc être les plus forts soutiens, plusieurs autres briques de la même forme,„ mais plus solides , & enchâssées dans de bon bitume : le plus grand nombre néanmoins>, est de celles qui ont été sechées au Soleil, je ne doute pas que ces Ruïnes ne soient,, celles de l’aneienne Babel , & de la Tour de Nimrod^ car outre la conformité de situa-», don, i es habitait; du Pays font du même sentiment, óí les Arabes leur douneut continu-v u( sinent le nom de Babil (r).

(tJ Viagg. di Pieuo délia Vaile, Part. II. Lett, 17.