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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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dans deuxdifférentes.Saisons.

Z 28 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Segt. I. à Monde le plus agréable. Car, en montant fur quelques Montagnes,onDescription fut une des grandes Pyramides á’al Kahira aux Mois de Juillet & á'Août ,de l'Egypte, on voit une vaste Mer , parsemée de plusieurs Villages avec leurs touret-

—---tes, qui ne ressemblent pas mal aux Iles de Y Archipel (a) : on y voie auííì

Beauté de différentes Chaussées , par le moyen desquelles les Habítans ont commu-/’Egypte n ication les uns avec les autres, entre mêlées de Bosquets, & d’ungrandnombre d’Arbres fruitiers, dont on apperçoic seulement le sommet ; &tout cela ensemble doit certainement faire un charmant spectacle. Cette'vue est bornée par dés Montagnes & des Forêts, qui forment à une cer-taine distance la plus agréable Perspective du Monde. D’un autre côté,en Hiver, c’est-à-dire vers les Mois de Janvier & de Février , tout le Paysne paroit qu’une Prairie émaillée d’un nombre infini de Fleurs. De touscôtés on voit des Troupeaux répandus dans la Plaine , & un nombre infi-ni de Laboureurs & de Jardiniers. L’aír est alors embaumé par l’odeur dé-licieuse que répandent les Fleurs des Orangers, des Citronniers, & de plu-sieurs autres Arbres ; Si est si pur, qu’il n’est pas possible d’en respirer unqui soit plus sain ou plus agréable. Ainsi la Nature, qui semble être mortedans d’autres Pays, paroit lêulement revivre en faveur d’un séjour si déli-cieux. S’il reste quelques endroits qui ne soient pas entièrement secs ,‘ilsfont couverts d’un' grand nombre d’Oiscaux aquatiques, dont les Chasseurs

ont le plaisir d’en tuer tant qu’ils veulent.

Les Habítans à’Egypte , polir n’être point incommodés par les Inondationsdu Nil t bâtissent leurs Villes & leurs Villages fur quelques endroits élevés,formés par la Nature, ou , ce qui est le plus ordinaire, qui font l’ouvragede l'Art; la Communication entre une Ville & une autre , pendant que lePays est couvert d’eaux,ne fe faisant que par le moyen des Chaussées dontnous avons parlé, ou de quelques Bateaux. Quand la Rivière s’est retiréeentre ses bords, les Canaux fervent au même usage, & fournissent seaunécessaire aux Habitans & au Bétail ; & c’est aux Servantes à aller conti-nuellement quérir cette eau, conformément à l’ancienne coutume à laquel-le il est si souvent fait allusion dans I’Ecriture (b).

Comme les Anciens ignoraient parfaitement la Cause de I’Inondation duNil, qui leur paroissoit d’autant plus difficile à expliquer , qu’au contraire

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Cause de!'Inonda-

monduKû. des autres Rivières, elle fedébordoit en Eté, & étoit basse en Hiver, ilsont fait plusieurs conjectures ingénieuses pour expliquer ce phénomè-ne-^).. Mais on fait depuis longtems, que cette Inondation est causéepar les grandes Pluyes r qui tombent en Ethiopie vers les Sources du Nil, &qui font de cette Rivière une Mer qui inonde prémiêrement Y Ethiopie,comme elle fáit ensuite Y Egypte.^ Agathar clùde de Gnide (d), & quelquesautres, ont soupçonné cette cause, fans aller plus loin que le simple soup-çon ; mais la. vérité de cette conjecture a écé ensuite confirmée par desTémoins oculaires .,' Ptolotnée slnladelphe , Prince très curieux ayant envoyé-'f quel-

(a) Herod. Lib. II, Diod. Sic. Lib. I. p. 3a.\b) Lucas, Voyages, T. II. p. 3:8. &c.

(c) Herod. L.II. Diod. Sic. L. I. p. 33. & c -

(d) Diod. Sic. íbid. p. 39.