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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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354 HISTOIRE ASIATIQUE, Lívr. í.

Sect. I. étoit quarrée, chaque côté ayant un Stade en longueur; qu’il étoit bâtiDescription^ ane Er ® s k e M e P^ rre > embellie par tous les ornemens de la Sculpture;del'Esypte. qu’apres avoir passé l’enclos extérieur, on apercevoir un Bâtiment envi-

---ronné d’un portique, dont chaque côté étoit soutenu par 400 colornnes; en

un mot, qu'à tous égards l’Ouvrage étoit si magnifique & si étendu , quesi les douze Princes par qui il fut commencé n’avoient pas été détrônés a-vant que d’en voir la fin, il n’auroit jamais été possible d’en surpasser labeauté (a). Par où il paroit que Psammètique , un des douze , qui, aprèsavoir chassé les onze autres, fe rendit maître de toute Y Egypte, doit avoirmis la dernière main à l’œuvre,sans l’achever pourtant d’une manière pro-portionnée au reste de l’Ouvrage; quoique Mêla en attribue uniquement lagloire à ce Monarque (b).

La solidité de cet admirable Edifice étoit si grande , qu’il a tenu bonpendant plusieurs Siècles, non seulement contre le tems,mais auffi contrela fureur des habitans d ’ Héracléopolis , qui, adorant 1 ’lclmeumon, l’ennemimortel du Crocodile , qui étoit le Dieu particulier de ceux d 'Arjìnoè, a-voient en horreur le Labyrinthe , qui servoit de Sépulcre aux CrocodilesSacrés ; horreur qui les a portés à faire tous leurs efforts pour le ruiner.Pline dit que de son tems ce Labyrinthe sobsistoit encore , & qu’environ500 ans avant Alexandre le grand , Circummon , Eunuque du Roi NeStabis ,y avoit fait faire quelques légères réparations , faisant soutenir l’Ëdificeavec des poutres à!Acacia bouillies dans de l’huiJe, pendant qu’on dreffoitles Arcades de pierre (c).

Quoique depuis le tems de Pline les Arabes ayent auffi contribué à ruinerce Bâtiment, il en reste néanmoins encore une considérable partie vers lebout méridional du Lac Mœris , tant soit peu à l’Orient, & environ à dixlieues des ruines á’Arsvwé. Le peuple du Pays Rappelle le Palais de Caron ,de qui nous aurons bientôt occasion de parler.

Les restes, dont nous parlons,ont encore quelques marques du tout au-quel ils apartenoient. La prémière chose qu’on voit est un large Portiquede marbre, tourné vers le Soleil levant, & soutenu par quatre grandes co-lomnes , qui sont auffi de marbre , mais composées de différentes pièces.Trois de ces colornnes sont encore debout , & une des deux qui sont aumilieu est à moitié renversée. Au milieu, il y a une porte, dont les montans& I’entabiement sont fort maffifs; & au dessus une frise, sot laquelle est re-présentée une tête avec des ailes étendues tout le longue la frise, & plu-sieurs Hiéroglyphes dessous. Cette tête est couverte d’une espèce de voi-le , & environnée de quatre filets de marbre semblables à des rayons.Par dessus ce premier entablement il y a une frise , dont les pierres fonttaillées en figures de Serpens, d’une grande épaisseur au-dessous de la tê-te, mais diminuant insensiblement jusqu’à la queue. Sur cette frise sont

(a) Diod. Sic. L. I. p. 59, 60. (0 Plin. L. XXXVI. c. i 3 .Strabo,L.XVII.

(è) Pomp. Mêla L. I. c. 9. ?- H 65.