Sect. I.
Mœurs &Coutumesdes Egyp-tiens.
372 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.semblablement ils entendoient originairement le Soleil & la Lune *, dont■ les influences servoient au gouvernement & à la conservation du Monde:ces deux Astres pistant parmi eux pour être les grandes causes de la Nutri-tion & de la Génération, & pour ainfi dire la source des autres parties de]a Nature, qu’ils regardoient auslî comme des Dieux, & qu’ils déíignoientpar des noms. Ces Dieux étoient, Jupiter, ou TJEíprit ; la Force vhifique desCréatures vivantes ; Vulcain , ou le Feu; Cérès , ou la Terre; Océan (par oùles Egyptiens entendoient le Nil ) ou l’Humidité;& Minerve , appellée auffipar eux Neith, ou l’Air.
Outre ces Dieux célestes & éternels, ils avoient auffi des Divinités ter-restres & mortelles, qui avoient mérité les honneurs qu’on leur rendoitpar les bienfaits qu’elles avoient répandus fur le Genre-humain durant lerems de leur vie, plusieurs de ces Dieux ayant été Rois d 'Egypte. Quel-ques-unes de ceux-ci portoient les mêmes noms que les Dieux célestes, &d’autres des noms qui leur étoient particuliers. Tels étoient le Soleil, Cro-nus ou Saturne, Rhéa, Jupiter qu’ils appelloient Ammon, Junon, Vulcain,Vcjla, Hermès ou Mercure, Orus, Vénus, Pan, Arueris, Nephthys, Harpo-crate, & plusieurs autres (a). Sérapis suivant quelques Auteurs n’a été misau nomb/e des Dieux à'Egypte, que par un des Ptolomées à Alexandrie (L);mais d.’autres supposent que ce n’est qu’un autre nom à'Osiris (c), qui étoicauffi appçllé Bacchus. Osiris étoit considéré comme ayant été d’un natu-rel aimable & bienfaisant, au -lieu que son frère Typhon étoit détesté, àcause des maux qu’il avoit causés à fa Famille & à toute la Nation, &dont pqus aurons occasion de parler dans Ja fuite. Les autres noms de 7 y-phon étoient Set h, Bèbon , & Smy (d).
Quoique les corps de ces Dieux mortels restassent dans leurs sépulcres,les Egyptiens croyoient néanmoins que leurs âmes brilloient dans les Etoi-le*; í’ame à'Ifis en particulier dans le Chien, appellé par eux Sotkis; celleà'Orus dans Y Orion.; A celle de Typhon:*,, dans l’Ourse (s).
Nonobstant ce Polythéisme des Egyptiens, on prétend qu’ils ont re-connu un Dieu suprême, Créateur & Gouverneur du Monde, qu’ils dési-
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(<*) Diod. Sic. L. I. p. ii. &c. (c) Plucarch. de Isid. & Odrid. p. 362.
Ò) Origen. contra Cels. Tacit. Hist. L. (t) Ibid. p, 367.
XX. (e) Ibid. p. 359.
* Ce qui confirme cette conjecture;! est qùe de nom à'Ojìris signifie en Egyptien qui etplusieurs yeux; épithète qui convient très bien au Soleil, Pour celui à'Isis , il signifie anti-que dans la même Langue (k).
U y a plusieurs autres interprétations Mythologiques de ces deux Divinités. QuelquefoisIsis est la Terre en général; quelquefois feulement le Pays f Egypte: & Osiris la Lune, oubien le Nil, qui est englouti par la Mer, qu’ils appellent Typhon. D’autres fois Osiris estPluton, & Bacchus; & Isis est Céris, Proferpine , Cybêlé, &c. 1 ] y a un Auteur qui suppo-
se qu 'Osiris signifie la Cause efficiente des'choses, & lfi s la Matière: & un autre est de feu-timent, que par le mot Isis il faut entendre la Nature en général (2),
fl) Diod. Sic. L. I, p.10, II, sti Plut- in Isid & Ofiríd. Apulíius Alc»M.
L. II. íignoi. Menla lsiaca p. 2 , 3.