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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TÉMS D’ALEXANDRE, Chai*. III. 373

gnoient quelquefois par le nom d'Osiris, ou. de Sêparis; quelquefois, parSecT. ir.celui d'Ifs ; & d’autres fois, par celui de Neith, fur le Temple de qui, à Mœurs g*Saïs , étoit l’ínfcription suivante: Je fuis tout ce qui a été, ejl & fera, & Coutumesaucun mortel n’a encore levé le voile qui me couvre (s). On voir encore de à

nos jours une Inscription à l’honneur d’IJis, conçue en ces mots: A toi , tum ‘ _

qui, étant me, es toutes choses , la Déesse Isis (/-). Les habitans de la Thé -ha'ide n’adoroienc que le seul Dieu éternel & immortel Cneph ou Emeph;distinction , qui les exemtoic de toutes les contributions que les autresEgyptiens payoient pour 1 entretien des Animaux sacrés qui étoient adorésdans la Baffe-Egypte (c). De ce Dieu Cneph procédoit, suivant eux,un second Dieu représentant le Monde , 6 c qu’ils appelloient Phtha ;mot dont les Coptes fe fervent à présent pour marquer la Nature Divi-ne (d).

Cependant le panchant pour l’Jdûlâtrie, qui, dans le commencement,ne s’étoit peut-être fait sentir que dansjquelques endroits de VEgypte, pa-roit avoir à la fin infecté tout le Pays; &, ce qui semble presque incroya-ble, les Egyptiens parvinrent par degrés jusqu’à l’extravagànce inconceva-ble d’accorder des Honneurs Divins à plusieurs Animaux, & même à desVégétaux, comme des Pourceaux & des Oignons : à quoi il faut ajouter,que fur ce sujet ils étoient si peu d’accord entre eux, qu’à l’exception dequelques-uns des principaux Dieux qui étoient adorés par tout le Royaume,le Culte de chaque Divinité étoit renfermé dans une ou deux Villes ou Pro-vinces. Cela a fait que plusieurs des principales Villes d’Egypte ont été dp-pellées par les Grecs du nom des Dieux ou des Animaux qu’onadoroit dansce Pays; comme Diofpolis, ou la Ville de Jupiter ; Héliopolis , ou la Ville duSoleil: &, de la même manière, d’autres portoient les noms de Pan , d’A-poìlon, de Latone, d'Hermès, d'Hercule, & de VInus ; comme aussi ceuxde Chien, de Lion , de Loup, de Crocodile, des Poissons Latos, Oxyryn-chus, Phagrus, & d’autres Animaux.

Cette diversité de culte avoit quelquefois de très mauvaises fuites, par-ticulièrement s’il arrivoit que les Dieux fussent naturellement ennemis lesuns des autres; les habitans d’un endroit payant souvent Thommage deleur adoration à une sorte d’Animaux que leurs voisins regardoienc avechorreur. De-là naissoient souvent des querelles, & quelquefois des guer-res dangereuses; comme, par exemple, entre ceux d ’Héracléopolis qui ado-roient VIchneumon, & ceux d ’Arfinoé qui adoroient le Crocodile ; commeaussi entre les Villes d ’Oxyrynckus òc de Cynopolis, dont celle-là facrifioit &mangeoit des Chiens, la Divinité de l’autre, pendant que celle ci faisoit fanourriture d’un Poisson, què ceux d 'Oxyrynchus honoroient d’un culte reli-gieux (e). Une Idolâtrie si bizarre, & dont les effets étoient souvent fu-nestes, a été attribuée par quelques-uns à la politique des Rois, qui ont

(s) Plutarch. de ïsid. & Osirid. p. 354.

(í>) Cudworth incelL. Syst. p. 4I2- à.

(c) Plut. ubisupr. p, 35p. Jnffiblidi.de Myû.L- c. 3.

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(d) Supr. p. 02.

(e) Plutarch. ubisup. p. 380. Juven.Sac.15. Athanasius, Orat. coutr. Juliati.